Le bilinguisme est à la fois un objectif et un outil: grâce à la maîtrise acquise de la langue des signes d’une part et de la lecture/écriture du français, les enfants disposent des outils linguistiques nécessaires pour acquérir des connaissances.
1. La scolarité à l’école élémentaire ( maternelle et primaire )
Chaque enfant sourd est scolarisé dans la classe correspondant à son âge et son niveau. Il suit les mêmes enseignements que tous les autres enfants. Il bénéficie en plus d’un enseignement de langue des signes (renforcement, consolidation de la langue,celle-ci étant apprise la plupart du temps, en dehors de l’école, de façon naturelle, en communication avec des personnes signantes).
Des enseignants sourds participent directement en classe, à l’enseignement, en lien avec l’enseignant de l’éducation nationale.
Ce dispositif permet à la fois de maintenir le même niveau d’exigence pour les enfants sourds que pour les enfants entendants, tout en prenant en compte leur spécificité. Des interprètes aident à la communication entre sourds et entendants, adultes et enfants.
La classe vit ainsi avec 2 langues vivantes perçues, apprises et parfois utilisées autant par les uns que par les autres.
Le SEB ne vise pas seulement les acquisitions scolaires des jeunes sourds. Il est attentif à permettre une vraie participation des jeunes à la vie de la classe et de l’école. Et pour cela, il s’intéresse aussi aux enfants et aux adultes entendants, pour qu’ils construisent une image positive de la surdité.
2. La scolarité au collège et au Lycée
Au collège et au lycée, la scolarité se poursuit sous la même forme. Si des cours de LSF se poursuivent, toutes les autres matières sont suivies en participation directe avec les jeunes entendants.
Après bien des tâtonnements et des expériences, ce choix s’est imposé pour maintenir un niveau d’exigence adapté aux capacités des jeunes sourds. Les interprètes jouent alors un rôle important qui nécessite de perpétuels ajustements entre neutralité et intervention à visée éducative (aider l’enfant à vivre au mieux sa scolarité mais aussi aider les autres -élèves et enseignants entendants- à prendre en compte le vécu des jeunes sourds).
Même si parfois un élève est seul sourd dans une classe d’entendants (compte tenu de son niveau ou de son choix d’orientation), le SEB est particulièrement vigilant à ce qu’il ne souffre pas de cette situation et maintienne des liens importants avec des pairs sourds, adultes et jeunes de son âge.
Tout ceci suppose une étroite collaboration entre l’équipe pédagogique de l’école d’accueil et l’équipe du SEB.

